Marché Poésie 2017, États généraux#01

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16 juin : Jean-Pascal Dubost / Jean-Yves Cousseau : Sommes

jeudi 21 avril 2011, par Vincent Gimeno-Pons

Jeudi 16 juin - 20h Entrée libre Fondation de Coubertin 78470 Saint-Rémy lès Chevreuses

À l’occasion de la parution d’un livre commun aux éditions Isabelle Sauvage, « Sommes », Jean-Yves Cousseau reçoit Jean-Pascal Dubost en lecture à la Fondation de Coubertin, dans le cadre et au milieu de son exposition Un regard sur Rodin

organisé avec les éditions Isabelle Sauvage, la Maison de la Poésie de Saint-Quentin en Yvelines et la Fondation de Coubertin.

Accès par les transports en commun : RER B, station Saint-Rémy lès Chevreuse (de Versailles : car Savac n°262A)
Accès par la route :
> Porte de Saint-Cloud : prendre la direction du Pont de Sèvres.
Suivre la direction de Bordeaux-Nantes par la N 118.
Sortie N°8 Gif-sur-Yvette/Saclay.
Au rond-point (Christ de Saclay), prendre la direction de Gif-sur-Yvette/Chevreuse par la N 306.
Traverser Gif-sur-Yvette et continuer jusqu’à Saint-Rémy-lès-Chevreuse centre sur la D 906.
Au rond-point dans Saint-Rémy-lès-Chevreuse suivre la direction de Limours/Les Molières par la D 938 (en direction de la gare RER de Saint-Rémy-lès-Chevreuse).
Au feu rouge tourner à droite, ensuite prendre la première route à gauche.


Biographies

Jean Yves Cousseau
Jean Yves Cousseau est né en 1953. Il vit et travaille en Essonne, non loin de Saint-Rémy-lès Chevreuse. Engagé depuis de nombreuses années dans une démarche artistique liée à la photographie, il expérimente, au fil des expositions, des publications et des commandes, un certain nombre d’autres supports et modes d’expression : vidéos, installations, « tables de montages »...
Il expose en France et en Europe (Fotographie Forum de Francfort en 1997 ; Musée français de la Photographie à Bièvres en 1998 ; Galerie Pennings à Eindhoven en 1999 ; Musée du Luxembourg à Paris en 2001 ; Galerie Pierre Brullé à Paris en 1999, 2000, 2002 et 2010 ; Visivarosi Galéria et Bolt Galéria à Budapest en 1999 et 2005 ; Fondation Pierre Gianadda à Martigny en Suisse en 2006 ; Musée départemental de Gap en 2007...).
Il expose actuellement Vestiges, à la Galerie du Théâtre de Privas (jusqu’au 29 juin).
A l’automne 2009, il a participé avec Bill Viola, au cycle d’art vidéo Eaux dormantes proposé par le Musée de l’Orangerie à Paris, où il a présenté deux vidéos, Immersion et Nuée.

Jean Pascal Dubost
Jean Pascal Dubost, né à Caen en 1963, vit entre Rennes et Nantes, en forêt de Paimpont.
Il a publié plusieurs ouvrages, poésie et/ou récits, chez différents éditeurs, dont Fondrie
(Une suite métallurgique) (Cheyne éditeur, 2002), Les Loups vont où ? et Monstres Morts
(Obsidiane, 2002 et 2005), Nerfs (La Dragonne, 2006), Vers à vif (Obsidiane, 2007),
Terreferme (L’Idée Bleue, 2009), et, tout dernièrement, Intermédiaires irlandais (Apogée, 2010)
et Le Défait (Champ Vallon, 2010).
Également lecteur et critique littéraire, il a été président, depuis 2007 et jusqu’à cette année,
de la Maison de la poésie de Nantes (mais collaborateur acharné depuis 2001), collabore
à la revue internet Poezibao et à différentes revues, dont Europe ou le Cahier critique
de poésie (CIPM, Marseille) ; infatigable passeur de poésie, il organise des salons
de discussions, des ateliers d’écriture, des lectures-dégustations, anime des formations
sur la poésie contemporaine et donne des lectures publiques de ses propres textes
ou de textes de ses contemporains.

Sommes : Présentation de l’ouvrage

Peut-être y a-t-il au départ de Sommes un croisement fait, un jour, entre Manière noire de Jean Yves Cousseau, recueil de photographies faites dans plusieurs fonderies d’art, cheminement s’articulant parallèlement autour de l’oeuvre de Rodin, et Fondrie, de Jean-Pascal Dubost, « suite métallurgique » écrite sur les vestiges d’une ancienne fonderie d’art… Au-delà du thème, trop évident, l’univers de l’un et de l’autre se rejoignent dans le présent de la langue comme de l’image, où le passé, épine dorsale de chacune de leur oeuvre, est sans cesse réactualisé, le temps questionné, l’évidence bousculée… Loin de toute esthétique esthétisante, l’un comme l’autre savent se frotter au sale, au dérangeant, au (trop-)plein comme au vide pour atteindre la justesse de la réalité jamais rangée dans une case – autant citer Jean-Pascal Dubost lui-même : « afin d’approcher au plus près ce qui gronde au centre d’un soi complètement bringuebalé par l’extérieur innervant […], afin d’échapper au correct et au propre et de brasser le plus large possible tout en sachant que le résultat est loin de l’ambition, ça donne une langue sale, irrécupérable, car elle ramasse tout ce qui traîne pour dire sa protestation du clean pensant environnant ; tout cela s’élaborant dans la joie grotesque ». L’exposition que consacre la fondation Coubertin de Saint-Rémy-lès-Chevreuse à Jean Yves Cousseau (mai à juillet 2011) a été le déclic de cette aventure. L’occasion de pousser plus avant la complicité entre l’artiste et Isabelle Sauvage avec un projet d’envergure, l’occasion de solliciter Jean-Pascal Dubost à rencontrer Jean Yves Cousseau et à entrer dans ce compagnonnage.
Et ces deux-là ne pouvaient que se retrouver sur le thème de la vanité, vieux comme le monde, si banal et toujours vrai… Sommes les rassemble donc dans un ouvrage articulé autour de triptyques, se dépliant séparément mais aussi en croisement. Poème-bloc, photos oxydées ou simplement matiérées comme nos jours qui passent… Typographie au plomb, impression typographique de certaines images, gravées, marquées dans le papier, ou impression numérique à jet d’encre pigmentaire, à l’encre déposée sur le papier comme la rouille sur les photos oxydées. Couverture brique, de couleur et d’aspect, avec un papier pastel/papier de verre dont le grain est comme de sable, ou de peaux mortes. Papiers épais, consistants, pour les mots amoncellés-désamoncellés (accumulation baroque de vanités subjectives, « ET ET ET ») et les images impuissantes à retenir (fresque murale en voie d’effacement, fleurs desséchées, neige écran-écrin…), l’ensemble disant la disparition, inéluctable mais simplement humaine, non exempte de l’ironie du grotesque et de la puissance rabelaisienne. Ou disant « le temps à l’oeuvre » (J. Y. Cousseau), « l’enfuite » (J.-P. Dubost), mots et images suivant la même voie tout en conservant leur autonomie pour tenter de résister, même vainement, au temps qui ronge, à la fatalité, à l’effroi de la disparition ; disant le plaisir de créer en s’engouffrant dans les failles, les interstices de tout ce qui vit, bouge, se transforme : « Vanité du monde, du temps, mais tant d’être, itou… »
Jean-Pascal Dubost

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