Marché Poésie 2017, États généraux#01

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Bianu, Zéno / Velter, André

jeudi 29 avril 2010, par Vincent Gimeno-Pons

Zéno Bianu

Zéno Bianu est né à Paris, en 1950. Du Manifeste électrique (Soleil Noir, 1971) aux Poètes du Grand Jeu (Poésie/Gallimard, 2003), du Traité des Possibles (Fata Morgana) à Infiniment proche (Gallimard), il compose une œuvre multiforme, forte d’une cinquantaine d’ouvrages, qui interroge la poésie, le théâtre et l’Orient. Ses pièces et adaptations, publiées chez Actes Sud-Papiers, ont été représentées au festival d’Avignon (Cour d’Honneur), au Festival d’Automne et à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, notamment L’Idiot, dernière nuit, avec Denis Lavant, et Un Magicien, avec Robin Renucci. Derniers livres parus : Haiku du XXe siècle, avec Corinne Atlan (Poésie/Gallimard), Chet Baker (Le Castor Astral), Variations Artaud (Dumerchez), Jimi Hendrix (Le Castor Astral).



Le guerrier des signes


Il s’appelle S’en-fout-la-mort. Ou peut-être Sang-fou-l’amor. On ne sait plus. En tout cas, c’est un guerrier des signes. Tatouer la chair du monde, inciser la chair du temps, ce n’est pas vraiment une mince affaire – mais que de naissances euphoriques, que de voies pour fuser là où on ne vous attend pas, tout près ou là-bas, à l’orient de la perception. Entre déflagration et distillation, il avance, en s’enracinant au fond de son axe, le hara, notre cerveau du ventre, celui qui pense en silence, celui qui plonge en apnée. Tout le contraire d’un corps déserté – un corps repeuplé d’éclats, de pépites, de brasillements, d’irisations. A l’écoute de l’imprévisible. Rien en ligne droite, tout en spirale ou en zébrure. La plus extrême détente intérieure pour tout faire danser ensemble. Il avance, en cherchant sans relâche un rebond, un écho, une résonance. En rejouant sans fin tous les gestes. Surtout, surtout, ne pas passer à côté de sa propre vie – creuser en rythme l’art de l’instant, comme Charlie Parker, en extrême vitesse de la lenteur, ou Charly Gaul, en pédalée souple et transparente. Un oeil sur l’autre versant. Sans jamais perdre le fil du jeu. Du Grand Jeu.

Zéno Bianu (inédit)

André Velter
Né le 1er février 1945 à Signy l’Abbaye dans les Ardennes, André Velter publie son premier livre (Aisha ), en compagnie de Serge Sautreau. Il est l’auteur d’essais (avec Marie-José Lamothe) : Le Livre de l’outil, Les Outils du corps, Les Bazars de Kaboul, Ladakh-Himalaya. Principaux ouvrages de poésie : Passage en force, Étapes brûlées, Ouvrir le chant (Le Castor Astral / Écrits des Forges), L’Enfer et les Fleurs (Fata Morgana), L’Arbre-Seul, Du Gange à Zanzibar, Le Haut-Pays, Zingaro suite équestre, Le Septième Sommet, L’Amour extrême, Une autre altitude (ces trois derniers titres étant dédiés à Chantal Mauduit), La Vie en dansant, Au Cabaret de l’éphémère, Midi à toutes les portes, Extases avec Ernest Pignon-Ernest (Gallimard) et Tant de soleils dans le sang (Alphabet de l’espace).
André Velter partage son activité entre les voyages au long cours (Afghanistan, Inde, Népal, Tibet) et la mise en résonance des poésies du monde entier. Toute son œuvre poétique est vouée au souffle, à la révolte, à l’amour sauvage, à la jubilation physique et mentale. Résolument attaché à la "voix haute", il tente d’inventer une oralité nouvelle, créant régulièrement avec comédiens et musiciens de vastes polyphonies. Principaux disques édités : Ça Cavale, Le Grand Passage, Jérusalem 2000, La Traversée du Tsangpo, La Faute à qui, Décale-moi l’horaire. Il a reçu le "Goncourt / Poésie" en 1996.

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