Blanc, Frèd

par Vincent Gimeno-Pons, 7 juillet 2010

...Arlette qui m’a permis de devenir un être en devenir dans ce monde de la poésie.

Lors de son dernier dîner à la maison nous nous sommes mis à nous tutoyer. Ce tutoiement
a continué le temps de deux ou trois coups de téléphones. Puis la ligne s’est interrompue
brusquement. Elle avait plus de 80 ans. Seul le tutoiement est resté. Avec tout le reste.

La passeuse

Tante A. qui avait tant à
donner en toute occasion.
Tante A. de qui j’avais tant
à recevoir m’a laissé le prendre
sans que je puisse le lui raconter.
Tante A. m’a dit au revoir au milieu
du guet et j’ai ramé en regardant
la rive s’éloigner petit à
petit. Elle savait déjà. Tante A.
m’a écouté m’agiter, me
démener, imaginer, réaliser.
Poétiser, photographier.
Elle a encore souri au
téléphone en écoutant mes
mots imagés, et n’a rien laissé
transparaître. Ce soir j’écoute
dans cette solitude muette
d’orphelin de ce 2 juillet 2010,
Chet Baker me caresser de sa
douceur réconfortante en me
laissant rouler pleins phares
dans la nuit de ce quartier de
lune, après qu’une force positive
est venue me pénétrer de toute
sa puissance. A la manière
de ma grand-mère Friquette,
qui m’avait joué cette même
partition de donneuse de vie
qui va toujours de l’avant, tante
A. m’a offert cette route que je
dois perpétuer de son regard.
Comme nous tous qui
avons cru en chacune de
ses tentatives toujours réussies,
dans son parler vrai aux
énergies lumineuses. Notre
Arlette immortelle aux encore
bonnes idées pour les autres,
ses neveux d’adoption choisis.
Un jour de marché sous la pluie,
elle seule a vu le soleil briller et
nous l’a raconté.

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Dernière modification : mercredi 7 juillet 2010, par Vincent Gimeno-Pons
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