Caizergues, Pierre / Bonhomme, Béatrice / Bonhomme, Stello

par Vincent Gimeno-Pons, 12 mai 2010

Pierre Caizergues

Pierre Caizergues est né à la poésie dans les années 70 en découvrant Rimbaud, Baudelaire, Apollinaire, pendant ses études secondaires au collège de Lunel (34). Par la suite, son intérêt pour la poésie n’a jamais faibli : animation d’ateliers de poésie au lycée d’Alès, puis à l’université Paul-Valéry de Montpellier, doctorat d’État sur Apollinaire, éditions de nombreux inédits du même poète, études sur Blaise Cendrars, Desnos, Dotremont... Co-édition des œuvres poétiques de Cocteau dans La Pléiade. Il est aujourd’hui administrateur du Comité Cocteau et vice-président des Amis de Jean Cocteau. Entre 1975 et 2010, il a publié huit livres de poèmes et collaboré à une dizaine de revues de poésie.
Bibliographie
Encrages, Éditions Saint-Germain-des-près, Paris, 1975.
Mires et Moires, Librairie bleue, Troyes, 1982.
Allumettes, avec une préface de Michel Décaudin, ibid. 1988.
Passage d’un ange, avec la participation de Jean-Claude Renard (Librairie bleue, Troyes., 1989).
Un été tahitien, Le Torii Editions, Poitiers, 1991.
Le Pire arrive même aux dieux (carnet d’Égypte), avec une préface d’Andrée Chedid, Le Torii Éditions, Poitiers,1997.
Éloge de l’éclair (Fata morgana, 2003).
Coïncidences, Anthologie poétique, franco-italienne, réunie et présentée par Giovanni Dotoli, lue par Béatrice Bonhomme, illustrée par Anne-Marie Soulcié, Schena editore, Bari (Italie), 2007.
En préparation : Avenir d’Heurtebise.
Collaboration aux revues : Création, Multiples, Poètes du monde, Les Cahiers de l’exotisme, Les Cahiers bleus, Le français dans tous ses états, ARPA, Le Frisson esthétique.
Présence de deux poèmes dans un manuel scolaire : Le Français dans la vie d’aujourd’hui, CAP Nathan technique, 1977.

Raoul

Raoul est l’ange noir qui manquait à ma liste.
Il vit dans un fortin tout peuplé de fantômes
Familiers mais cruels quand se lève le jour.
Il n’aime de l’alcool, brûlot des âmes grises,
que sa couleur qui se confond avec le ciel.
Un jour, il a vendu ses ailes
au jeune diable
qui court dans son jardin secret, le soir venu.
Dans un nuage d’encre il se cache la nuit.
Il a bâti la tour où déjà l’emprisonne
la blonde Lorelei, esclave ensorcelée.
Fils d’un père oublieux et d’une mère absente,
il n’a d’autre famille que des voisins jaloux.
Quand il revient dormir dans la ville de marbre
personne ne salue l’ombrageux exilé
et chaque fois qu’il veut quitter ce monde qu’il ignore
la corde du pendu se rompt
le verre de poison
se brise en mille étoiles.

(Extrait d’Avenir d’Heurtebise, en préparation)



Béatrice Bonhomme

Bio-Bibliographie
Béatrice Bonhomme-Villani, poète, dramaturge et essayiste, vit à Nice. Elle a publié plusieurs livres de poèmes, des pièces de théâtre ainsi que de nombreux articles et ouvrages critiques sur Pierre Jean Jouve et la poésie contemporaine. Professeur à l’Université de Nice, elle est responsable d’un Centre de Recherche sur la littérature, le CTEL, au sein duquel elle a créé en 2003 un axe sur la poésie, Poièma. Elle a fondé avec Hervé Bosio, en 1994, la Revue Nu(e) qui a consacré à ce jour 44 numéros à l’œuvre des poètes contemporains et elle dirige avec Jean-Yves Masson la Société des lecteurs de Pierre Jean Jouve. Derniers livres parus : La Maison abandonnée (Post-face, Bernard Vargaftig, Melis, 2006), Mutilation d’arbre (Préface Bernard Vargaftig, Collodion 2008), Passant de la lumière (L’Arrière-Pays, 2008), Mémoire et chemins vers le monde (une étude qui s’inscrit comme un hommage à de nombreux auteurs contemporains (Melis, 2008) et Pierre Jean Jouve ou la quête intérieure (Aden, 2008). La pièce La fin de l’éternité a été créée à Grenade en 2009.

Stello Bonhomme

Jeune peintre niçois de 23 ans, Stello Bonhomme a été élevé dans l’amour de l’art. Il admire l’œuvre de Jackson Pollock et de Simon Hantaï, artistes qui ont particulièrement nourri sa propre réflexion sur la peinture.
Stello Bonhomme est également étudiant en philosophie en Master 2 à l’Université Nice-Sophia Antipolis, ses études en philosophie et sa carrière artistique évoluent de façon parallèle et ne se croisent que très rarement.


Le tableau, c’est le corps, le sang, les os et l’angoisse.
Et qu’est-ce que peindre, sinon fixer la vie comme l’on fixe les papillons dans un écrin de verre ? Qu’est-ce que la peinture sinon une épidémie, son mouvement de physis ? La fixité d’un mouvement qui tend vers la mort, ne la touche jamais. Une agonie.
L’art est le miroir de ce mouvement, cette peinture en vie, être vers la mort, puissance organique.
Jamais il ne sera question de savoir ce qu’est la peinture mais de peindre.
Il n’est pas de techniques en peinture : comme en musique, il s’agit de rythmes. La peinture doit donc être abstraite au sens fort : c’est-à-dire au sens où elle ne signifie et ne figure que la peinture elle-même, elle n’est le signe de rien, sinon de la matière et de la couleur.
Nous verrons ce qu’est le travail du peintre, sa tâche de griffonnage perpétuel. Le peintre ne doit pas cesser de peindre, et de s’entourer de peintures. Il doit faire de sa vie, ou du moins, de son lieu de vie, un atelier. Peindre est une attitude envers la vie.

En images

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Dernière modification : lundi 12 mai 2010, par Vincent Gimeno-Pons
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