Marché Poésie 2017, États généraux#01

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Cosculluela, Jean Gabriel

lundi 5 juillet 2010, par Vincent Gimeno-Pons

Cher Vincent Gimeno,

j’apprends aujourd’hui la mort d’Arlette Albert-Birot. Je n’étais pas un de ses proches, mais je veux écrire quelques mots.

Je veux partager votre peine, et celle de ses autres amis, qui écrivent ici leur émotion, et parmi eux, des personnes habituellement très discrètes : Arlette Albert-Birot avait un mot pour chacun (e), et pour ceux-là même qui restent discrets.

Permettez-moi d’avoir aussi une pensée en même temps pour Jean Marcourel.

Arlette Albert-Birot, je l’avais rencontré tout d’abord en tant que bibliothécaire : une première fois au CNL, pour une réunion concernant une meilleure diffusion de la poésie contemporaine (Emmanuel Ponsart, du CIPM, nous avait parlé ce jour-là de ce qui allait devenir vite le très nécessaire CCP Cahier Critique de Poésie, qui supplée à tant de manques et d’oublis), puis quelques années plus tard en 2005, à la Mairie du 6e, avec le Printemps des Poètes (elle fit une brève et amicale présentation avant que ne parle de "Richesse et diversité de la petite édition de poésie").

Au Marché de la Poésie, qui lui doit tant, je l’ai rencontrée deux fois avec ses amis très proches : avec Monique Dorsel d’abord, puis avec Serge Pey, arpentant les allées et les cabanes, tout simplement attentive aux uns et aux autres.

Elle nous fait passer aujourd’hui, avec l’intelligence et l’élégance du cœur qui sont les siennes,

- l’exigence d’ouvrir la poésie, la connaissance de la poésie au plus grand nombre, sans céder aux facilités, aux atermoiements

- le goût irrépressible des rencontres, d’agir ensemble et aussi l’envie de provoquer l’inconnu, "l’inconnu de tout lecteur" pour reprendre les mots de Jacques Dupin

Pour elle, ces mots d’Ada Salas (Caceres, Extremadura, 1965) :

Mira. Esto que ves

ha muerto. Y esto

que aún respira

morirá.

Hemos sido la luz.



Esto es lo que queda.


Regarde. Ce que tu vois

est mort. Et ce

qui respire encore

mourra.



Nous avons été la lumière.


C’est cela qui reste.


Ada Salas