Felix, Tristan / nicAmy / Noël, Laurent

par Vincent Gimeno-Pons, 18 mai 2010

Tristan Felix

nicAmy

Laurent Noël

Tristan Felix, née au Sénégal, demeure à Paris 18e. Sans relâche, elle décline la poésie sous toutes ses formes. « Panglosse » de son état de nature, elle parle et chante couramment plusieurs fausses langues étrangères. Elle a co-fondé en 2004 Le Pergonicaspop, un quintette de théâtre poétique et musical devenu en 2009 Le Petit Théâtre des Pendus, univers insolite de marionnettes joviales et saturniennes, qu’elle fait vivre désormais en solo ou en duo avec le compositeur Laurent Noël. Elle est poète et dirige depuis 2003, avec Ph. Blondeau, La Passe, une revue des langues poétiques, pour laquelle elle a fait des prouesses sonores sur scène ou à la radio (RFI, Radionova, France-culture). Elle est aussi plasticienne (marionnettes, photographies, dessins médiumniques), conteuse d’étranges créatures et clowne (voir son personnage Gove de Crustace sur dailymotion.com/BrutdeCrustace et dailymotion.com/TristanFelix). Elle œuvre en compagnie du musicien compositeur Laurent Noël avec lequel elle fonde en 2008 L’Usine à Muses, association pour la promotion des arts vifs et de la poésie. Tous deux préparent Je, îl(e) déserte, un reportage halluciné sur six poètes : Jude Stéfan, Maurice Mourier, Ivar Ch’vavar, Philippe Blondeau, Donat Charabot, Samy Abdelazim.
Avec L. Noël et nicAmy, cameraman et réalisateur de films expérimentaux , elle explore des formes radiophoniques et cinématographiques :

- Fragilités des corps : www.dailymotion.com/nicamy
Outre des "spectacules" poétiques de marionnettes, Tristan Felix présentera "Je te plumerai", court-métrage médiumnique réalisé avec le vidéaste nicAmy et mis en son par Laurent Noël.

Bibliographie

Heurs, Dumerchez, 2003.
Franchises, avec Philippe Blondeau, éd. de l’Arbre, 2005.
À l’Ombre des Animaux (poèmes et photographies) éd. de L’Arbre, 2006.
Ovaine (ses vies, ses malheurs, ses ires), éd. Hermaphrodite, 2009.
Coup Double, avec Ph. Blondeau, éd. Corps Puce, 2009.
La Passe, revue des langues poétiques
Publications dans de nombreuses autres revues.
Voir Maurice Mourier, « Tristan Felix et son arc », Diasporiques n°2, juin 2008. www.diasporiques.org/felix.pdf



Dans la marne grise de la pente, fragile gaufre, le vieil œuf désœuvré d’un lézard gante le doigt coupé d’une bélemnite. Les restes de la mer durcie démangent la terre mais tout de même une vache tardive, en une pluie, s’enfonce jusqu’aux cornes – ses tentacules à elle. Elle prend son premier bain de mort. En bas les autres paissent, lourdes et sourdes au mugissement, si fort craquent les criquets et les sauterelles entre leurs dents. La vivante fossile effraie les promeneurs tant qu’elle beugle. La nuit tombée, un fouilleur, guidé par la tiédeur de son silence, lui vient scier les cornes, cambrées comme des ouïes de lyre. Du front coupé, le sang dans la poussière se tord comme du lichen.


la lyre d’Orphée coûte vachement cher

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extrait de Livrée des Morts, inédit, 4/9/2007

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Dernière modification : mercredi 18 mai 2010, par Vincent Gimeno-Pons
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