Marché Poésie 2017, États généraux#01

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Guyon, Robert / Guyon, Chloé

mercredi 21 avril 2010, par Vincent Gimeno-Pons

Robert GUYON

Né à Paris en 1944, petite enfance en Égypte, marié trois enfants. Réside aujourd’hui à Lyon après plus de vingt ans passés à l’étranger,au Mexique et en Grèce surtout, dans le cadre des affaires culturelles.
Professeur de Lettres et Civilisation françaises, voyageur au long-cours, poète.
Professeur-formateur à l’IUFM de Lyon depuis sa création.
Il écrit depuis sa jeunesse, mais avec de très longues interruptions dues à son éloignement de la France et à sa vie vagabonde de « Poète entre deux Mondes ».En conséquence, aucun recueil édité mais de nombreuses publications en revues dont, en France, La Barbacane, Les Cahiers Bleus, Création III et V, DELTA – « Station blanche de la nuit », Europe (traductions pour le N° spécial « Chili »), Métamorphoses ; Claude Simon – Chemins de la mémoire, textes réunis par Mireille Calle, éditions du Griffon d’argile, Pug, 1993 et en traductions, au Chili, Mexique, Pérou, Grèce, Hongrie, Portugal.

Publications :
Fragments d’une passion, préface de Anne Clancier, éditions l’Harmattan, 2000, Échos du bastingage - « Les Bateaux de Blaise Cendrars », édition illustrée Apogée, Rennes, 2002, (en collaboration, catalogue de l’exposition) Blaise Cendrars – escales, éditions « Les Cahiers de la Corderie Royale, Rochefort », 2005, Frédéric-Yves Jeannet - Rencontre avec Robert Guyon, éditions Argol, 2006.

Pour le Marché de la Poésie, juin 2010, présentation du livre d’artiste Méditations en Rouge et bleu, suite de poèmes accompagnés d’encres de Chloé Guyon.



J’ai vingt ans, dans la plénitude de ma jeunesse. Je ne doute de rien. À l’aube d’une nuit de juin la mort vient me saisir. Loin d’être l’horreur qu’on imagine, ce fut l’éblouissement incompréhensible, émerveillant, d’être un avec le monde, flottant, léger, si léger, entre le bleu de la nuit et le rouge du sang que je répands. La mort est venue me saisir mais elle n’a fait que me frôler. Elle n’a pas voulu de moi cette fois, m’a donné une renaissance. Dès lors j’ai commencé à vivre, à écrire,à voyager, à aimer. À avoir des enfants.
J’ai rédigé les Méditations en Rouge et Bleu, dans l’après-coup de l’accident. Quelques poèmes ont été publiés mais pas la suite complète telle qu’on peut la voir aujourd’hui.
Chloé, ma fille, les a découverts par hasard et a été prise par cette lecture.
Avec ses moyens à elle, une série d’encres jouant sur le rouge et le bleu, elle les métamorphose, transforme avec une profonde empathie les mots en images, en un seul mouvement.
Ces encres ne sont pas des illustrations, elles s’incorporent au texte, ne font plus qu’un, comme le bleu et le rouge, pour former un objet nouveau et donner une nouvelle vie à cette suite poétique. Merci Chloé pour cette belle ouvrage, quelle manière de nous rencontrer.




CHLOÉ GUYON

Chloé Guyon, 23 ans, née le 1er mars 1987 à Thessalonique (Grèce)
retour en France en 1988
obtention du baccalauréat littéraire à Lyon en 2005
obtention du BTS Design de produits à Paris en 2009
Actuellement en 1ère année de Diplôme Supérieur d’Arts Appliqués à l’ENSAAMA Olivier de Serres (Paris), option Design de produits.
Passion pour le dessin depuis toujours, dix ans de cours (dessin académique, gravure, modèle vivant, étude documentaire...)
intéressée par l’ensemble des arts graphiques et en particulier par l’illustration (réalisation d’illustrations pour le Centre International d’Études Pédagogiques de 2004 à 2008)
nombreux projets en cours ou en recherche d’édition.



J’ai vingt ans. Je découvre les mots d’un enfant de mon âge qui deviendra mon père. Aussitôt je m’y fond, je m’en imprègne. Ils me frappent, ils m’attirent, ils explosent en syllabes et en couleurs. Méditations en Rouge et Bleu.
Le rouge et le bleu, évidemment. Il y a toujours le rouge, première couleur, couleur symbole, mais tu n’as que faire du blanc, c’est le bleu que tu veux. La ciel et les murs, l’espoir et la nuit, le rêve et la mort. Mais aussi la mer d’argent et la mer-tempête.
C’est ta tempête que tu me contes, tes pourquoi et tes et si, ta colère et ta peur à tous les temps. La violence brute des mots appelle la couleur pure. De l’encre intense qui jaillit, qui s’épanche, qui s’infiltre, qui tranche et qui se tait, parfois.
Et je veux te dire Papa, toi qui ne l’es pas encore, que j’ai compris tes mots.
J’en ai vu les couleurs.

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