Dominique HECQ
Les trois fins du silence
On s’accommode de deux silences
et l’écriture se source des deux
dans la cendre sèche et le charbon moite
le portail des rêves
appelle en son cœur
l’or de mille soleils
répandue dans les feuilles du bouleau
dans les branches
les esprits demeurent
sur les collines lointaines
dans les genets
où le chagrin chante
dans les fougères et le houx
dans l’écorce rêche des arbres
connus depuis la naissance
son chant profond
enlacé aux racines
dans le lichen et la mousse
réchauffé de soleil
le mycélium se répand
tout mouillé de rosée
jusqu’à la fin de la terre
On s’accommode de deux silences
et l’écriture se source des deux
à la fin de la terre
toute mouillée de rosée
le mycélium se répand
réchauffé de soleil
dans le lichen et la mousse
enlacé aux racines
son chant profond
réappris de l’exil
dans l’écorce rêche des arbres
dans les fougères et le houx
ou le chagrin chante
dans les genets
sur les collines lointaines
les esprits demeurent
dans les branches
des eucalyptus
l’or de mille soleils
battant dans leurs feuilles telles un cœur
au portail du rêve
dans le vent sec et la peau moite
On s’accommode de deux silences
et l’écriture se source des deux

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