Marché Poésie 2017, États généraux#01

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Journal de l’attente

Laurine Rousselet

lundi 13 mai 2013

Titre : Journal de l’attente
Auteur : Laurine Rousselet
Langue d’origine : français
Format (en cm) : 14 x 20
Pagination : 120
Prix (en euros) : 17
Argumentaire : « Parler de son écriture, c’est parler d’intensité, d’écart, de tension entre ce qui nous sépare et s’éprouve dans la rencontre avec l’autre. C’est se débattre avec le tourbillon ininterrompu des contraires qui avance la vie “enfin ramenée à soi” » : ainsi Erwann Rougé a-t-il très justement présenté Laurine Rousselet dans le programme de la Maison de la poésie de Rennes. Journal de l’attente est précisément un long poème « récit » de la passion amoureuse ; on pourrait en attendre un chant ou un surcroît de lyrisme — un sujet qui se réaliserait ainsi, qui clamerait ou déclamerait et qui s’élèverait vers un espoir transcendant. Mais pas de ça ici : Laurine Rousselet fait parler un corps, non commandé, presque sans subjectivité, quasiment détaché d’une conscience, dans la démesure de l’amour et du sexe. Elle nous conduit hors d’une relation à la réalité et exprime le vif d’un tourbillon émotionnel sans sentimentalisme ; dans un réel où l’abandon des résistances s’affronte à la solitude des « dépassements » — l’insupportable propension à faire ou à penser les choses « jusqu’au bout » : « l’immersion / l’irréversible / le saut du septième étage pour voir ». Ce qui la guide c’est ce corps qui sait et est fait d’« intuition ». Presque rien de l’être aimé n’est dit, si ce n’est les morsures qu’il laisse comme « l’absence autour des reins / insaisissable ». Restent les humeurs corporelles pour entendre — comme seul visible de ce qui serait habituellement ignoré — l’effervescence de cette « guerre du dedans ». Ces humeurs viennent comme soulager « l’intensité du cœur » et offrent une géographie de l’intime. « je se donne au besoin de dégagement » : un des vers où le pronom « je » (rarement utilisé) nous laisse deviner que ce sujet s’il existait de nouveau ne serait plus que « menace » contre l’amour qui « fait départs » « au-delà du je ». Contre ce danger, il faut « tenir à la guerre / tenir à la langue / à tes mains sur moi toujours vivante » ; il faut batailler, pour gagner « l’infini par le sexe et le cœur ». Alors le corps — qui enfin captive la langue — pourrait finalement régner, même souffrant et morcelé, comme « monceaux de ruines »…
Biographie ou Bibliographie de l’auteur : Née en 1974, Laurine Rousselet vit et travaille à Brest. Familière des lectures publiques depuis une dizaine d’années, notamment accompagnée au oud par Abdelhadi El Rharbi, elle a publié chez plusieurs éditeurs poèmes, récits ou proses poétiques : chez Dumerchez (Séquelles, 2005), à L’Atelier des Brisants (L’Été de la 31e, 2008), L’Inventaire (Mémoire de sel, recueil bilingue français/arabe, 2004 et Hasardismes, 2011) ou encore chez Apogée (De l’or havanais, 2010 et La Mise en jeu, 2012). Depuis 2007, elle collabore régulièrement comme critique littéraire à la revue Archipiélago (université de Mexico). En 2011, elle a fondé Les Cahiers de l’Approche, plaquette bilingue, au sein d’Approches éditions (Rennes), créées par Erwann Rougé. Enfin, un texte écrit en résidence à la Maison de la poésie de Rennes en 2011, Crisálida, est à paraître à L’Inventaire en mai 2013.
Editeur : éditions isabelle sauvage
ISBN : 978-2-917751-34-3
N° de Stand : 204

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