Marché Poésie 2017, États généraux#01

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Chant de la femme d’argile (Le)

Chloé Bressan

lundi 13 mai 2013

Titre : Le chant de la femme d’argile
Auteur : Chloé Bressan
Langue d’origine : français
Format (en cm) : 15 x 12
Pagination : 64
Prix (en euros) : 13
Argumentaire : Comme l’écrit Chloé Bressan, il s’agit, avec Le chant de la femme d’argile, de rassembler « les débris des luttes ». Ces luttes sont celles que la femme mène contre elle-même, ou plutôt contre ce que les « autres » voudraient qu’elle soit. Une lutte contre, et parfois avec, tout ce qui lui a été inculqué, à travers les mythes ou des savoirs – une « gnose » – qui viennent d’« en haut » comme des « diktats », et qui sont d’autant plus imparables qu’on les situe comme une normalité – un « normal ». Des débris donc : ce « chant », le « chemin faisant », est celui produit par la confrontation du pot de terre (d’argile) contre le pot de fer (ou plutôt de pierre) des traditions : la femme serait-elle ainsi celle qu’on dit diablesse ou sorcière ou toute autre figure mythique de la tentation (Mélusine, Vénus, ondines, « déesse mitée », « cornes bombées »…). D’ailleurs, toujours, ne la dit-on pas folle : « le boudoir mental accueille / les terminologies de filles hantant / les jeux des mythes » ? Toute rencontre avec « les autres », « homme » ou « garçon » est, dans ces conditions, intenable, car ils sont simplement « impossible[s] à toucher », le « baiser » est « urticant », de l’ordre du « piège » posé là par des « trouvères » caressant : « ta vérité de mendiant / l’omniscient bouffon / parle pour toi… » Et lorsqu’il y a un « rire d’amoureuse », il « fait exploser » – afin « d’éviter le pire ? », demande-t-elle : « Le geste de son bras dit la muraille // dit : la Terre d’extase », désormais inacessible. Subsiste la femme-argile, « des lézardes le long de l’échine », qui impose le silence, « un sourire muet », « à son rêve », tout autant glaise que limon, vouée à être façonnée, fragile et vulnérable malgré les apparences. Ne devient-elle pourtant pas, cette femme-argile, « l’ouvreuse des canaux », moderne passeuse des enfers, retournant ainsi le mythe contre lui ? Car il y a comme une sourde révolte promise par les verbes d’action souvent placés à l’avant des phrases, des adjectifs qui prennent la force des noms, ou la syntaxe sans détour : « La femme d’argile porte au fond des reins / toute l’ambroisie / émergée […] Tombé de ses entrailles / le bruit en glaise », « crâne vide de l’argileux féminin ». Et on peut espérer que tout cela ne se termine pas par une défaite puisque « son chant » « emportera tout », même s’il y a déjà une « fêlure dans sa voix », que demeure seulement « un son du corps » – cette bataille passant d’abord et avant tout par les corps.
Biographie ou Bibliographie de l’auteur : Chloé Bressan, née en 1980, vit depuis peu près d’Auray (Morbihan). Elle est actuellement sur la voie du théâtre en tant qu’auteur et comédienne. Elle a publié un livre, en collaboration avec Gilles Plazy (une correspondance sur près de deux ans – courriels et lettres postales), La Poésie, la tarte aux pommes et le topinambour de saint Augustin, aux éditions La Part commune en 2011.
Editeur : éditions isabelle sauvage
ISBN : 978-2-917751-26-8
N° de Stand : 204

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