Dit du raturé (Le) / Le dit du lézardé

par 23 mai 2013

Titre : Le dit du raturé / Le dit du lézardé
Auteur : Jacques Roman
Langue d’origine : français
Format (en cm) : 12 x 18
Pagination : 64
Prix (en euros) : 15
Argumentaire : C’est très naturellement que Jacques Roman a pensé à rassembler, ou plutôt accoler « dos à dos » Le Dit du raturé et Le Dit du lézardé, pourtant écrits à des périodes différentes, tant ces deux « méditations » se répondent, cheminent parallèlement. L’un comme l’autre sont digressifs, la plume accompagnant les pas de côté de la pensée. Il est intéressant d’ailleurs de préciser que Jacques Roman n’écrit que sur papier, n’utilisant jamais la machine (le média), ordinateur ou même machine à écrire. C’est à la main qu’il signifie sa pensée, et à cette lumière les « dits » ici rassemblés prennent toute leur force. Ceci éclairant encore cet « art poétique », revendiqué comme tel, et son inscription dans le corps, dans la chair du poète. Si la rature est « faute » infamante de l’écolier, violence de la disparition d’un être cher dans le carnet d’adresses ; si ses différentes formes sont éloquentes : « trait ou hachure, ou encore spirale comme barbelés », tracée très administrativement à la règle…, la rature est pour le poète « cicatrice », livrant « une existence en prise avec elle-même » ; « respir », « combat », voire « plaie » ; « signe d’une révolte de tout le corps ». «  La page est trouée en divers endroits. Elle témoigne d’une espèce de guerre qui a pris pour territoire le corps » en même temps que la page. Comme la lézarde, qui est crevasse, éclair lors de l’orage, vase ébréché, « lacis d’étroites rues », fleuves dans la carte de France en plastique de l’écolier ou encore « stigmates de ceux qui ne jurent que par les clous et la lance », est aussi « lèvres », « bouche singulière à nourrir, toujours affamée », « entaille » ou « fêlure » intimes. La rature et la lézarde sont bien sœurs : « La rature dit que ça tâtonne, que ça erre, que ça hésite, que ça cherche, que ça tombe, se relève, s’impatiente, dit qu’il y a du jeu et de la marge là où ça s’engage. » La lézarde « invit[e] à s’égarer entre les lèvres de son égarante déchirure » ; « qu’on la caresse d’un doigt ou de la paume ou de l’œil », elle « instruit la quête de l’hétérogène »,« excite le goût d’élargir ». La rature est guerre intime dans l’ordre du monde, la lézarde appel au regard déplacé ; l’une comme l’autre fouillent l’être, y pénètrent, l’égarent et le retournent et le retournent avec jubilation, avec fulgurance, le rendant viscéralement vivant.
Biographie ou Bibliographie de l’auteur : Jacques Roman est né en 1948 à Dieulefit, dans la Drôme. Il vit et travaille en Suisse romande dès 1970, et est établi aujourd’hui à Lausanne. Comédien et metteur en scène, « animateur » de l’Espace Éclair à Lausanne, lieu d’expositions et de lectures poétiques, il se consacre à l’écriture depuis 1967. Auteur essentiel (une trentaine d’ouvrages, poésie et « récits poétiques »), son œuvre est principalement publiée en Suisse et reste méconnue en France, disséminée entre plusieurs maisons d’édition comme Lignes & Manifeste, avec Marie pleine de larmes en 2005, les éditions Paupières de terre (avec notamment Du monde du chagrin, écrit avec Bernard Noël, en 2006) ou encore La passe du vent (La Chair touchée du Temps, 2005). Les éditions isabelle sauvage ont publié en juin 2012, en coédition avec Paupières de terre, une courte suite de poèmes/méditations, De la contemplation de la page blanche loin de la page blanche, qui interrogeait déjà l’art poétique et la présence au monde du poète.
Editeur : éditions isabelle sauvage
ISBN : 978-2-917751-35-0
N° de Stand : 204

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Dernière modification : lundi 23 mai 2013, par
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