Sur l’air de l’Inde : Les événements

par Vincent Gimeno-Pons, 11 mai 2008

L’Inde est le pays invité, l’événement est organisé en co-production avec Le Grand Parquet

Une librairie indienne, via la Librairie Ambikâ, sera présente pendant les quatre jours du Marché.

Des poètes indiens seront présents place Saint-Sulpice et dans quelques événements en Périphérie :

- Sunil Gangopadhyay, né en 1934 au Bengale, poète et romancier dont deux romans ont été adaptés au cinéma par Satyajit Ray : Des jours et des nuits dans la forêt et L’Adversaire.

- Sitanshu Yashaschandra, né en 1941 dans le Gujarat, poète, dramaturge et aussi scénariste pour l’adaptation de Madame Bovary par Ketan Metha.

- Udayan Vajpeyi, né en 1960, enseigne à Bhopal dans le centre de l’Inde. Il a publié Vie invisible chez Cheyne Éditeur en 2000 (édition revue chez Thomas Ragage en 2007), traduit du hindi par Franck André Jamme.

Mandakranta Sen est née le 15 septembre 1972 à Tollygunge dans la banlieue de Kolkata (Bengale). Elle a étudié la médecine au Nilratan Sirkar Medical College. Poète - elle publie régulièrement depuis 1999 - elle est aussi nouvelliste et écrit pour le théâtre. Récompensé par plusieurs prix, son travail poétique a bénéficié de traductions en anglais et hindi, langues qu’elle traduit aussi en bengali. La poésie de Mandakranta Sen exprime l’angoisse existentielle et la colère née de l’identification du poète avec une condition féminine historiquement marginalisée.

Tishani Doshi, écrivain et danseuse née en 1976, vit à Chennai, anciennement Madras (Tamil Nadu). Elle a fait ses études au Queens College (New York) et à la John Hopkins University (Baltimore) et a été l’élève de la célèbre danseuse Chandralekha. Son premier recueil de poèmes, Countries of the Body (Aark Arts, 2006), a reçu au Royaume Uni en 2006 le Forward Poetry Prize du meilleur premier recueil. Publiée dans différents journaux, magazines et revues littéraires, Tishani Doshi travaille actuellement à la biographie du joueur de cricket sri-lankais Muttiah Muralitharan et prépare un second recueil. Son premier roman, The Pleasure Seekers, sera prochainement publié chez Bloomsbury.

Anjum Hasan est née en 1972. Diplômée en philosophie de la North-Eastern Hill University de Shillong, elle est responsable de la communication à la India Foundation for the Arts à Bangalore (Karnataka), une ONG qui soutient le monde de l’art. Elle a publié dans plusieurs anthologies dont Reasons for Belonging : Fourteen Contemporary Indian Poets (Penguin, 2002) et Language for a New Century : Contemporary Poetry from the Middle East, Asia, & Beyond (WW Norton, 2008). Elle est l’auteur d’un roman : Lunatic in my Head (Penguin-Zubaan, 2007) et d’un recueil de poèmes : Street on the Hill (Sahitya Akademi, 2006) et collabore régulièrement à différents journaux.

Sur le Marché, jeudi 19 juin, 20h :

(entrée libre)

les musiciens du désert du Thar (Rajasthan)
Leur chant exprime les mille facettes du monde des sables évoquant tour à tour la beauté des femmes allant puiser l’eau, les caravanes de chameaux, les palais majestueux. Walli Khan, Sikandar Khan, Sarvar Khan, Vijay Bhat (accompagnés de la danseuse Vijay Lakshmi) sont des représentants admirés de la communauté Langa, et garants de la tradition.

vendredi 20 juin, 20 h :

1re Nuit du Marché Sur l’air de l’Inde entrée libre, place Saint-Sulpice

Lectures bilingues avec les poètes indiens présents pour l’occasion.

Kathputli, danses et marionnettes du Rajasthan

L’art des marionnettes est né au Rajasthan de la nécessité de distraire un prince insomniaque. Kathputli évoque la mémoire du peuple rajasthani au travers de contes et de légendes. la beauté des marionnettes, la grâce de la danseuse, et la liesse des musiques et des chants nous transportent dans ce monde imaginaire. Mise en scène : Zazie Hayoun. Avec Vijay Bhat, Lala Bhat, Zazie Hayoun, Ishwar Mathur, Sikandar Khan, Vijay Laxmi

vendredi 20 juin, 23h à 6h du matin : Nuit de l’Inde, Cinéma l’Arlequin

Musique :

Saoni Mitra, chant

Debashis Ghosh, harmonium

Tushar Dutta, chant

Sugata Nag, sitar

Debojyoti Bose, sarod

Kausic Sen, tabla

Cinéma :

« Pakeeza » de Kamal Amrohi, 1972, 126mn

Entrée (sur place le 20 juin) : 25 € - (Pré-billetterie : 20 €)

Estival de Cinéma indien à L’Arlequin du jeudi 19 au mardi 24 juin 2008

Programmation et présentation des films : Martine Armand

La poésie se trouve au cœur de cette programmation de sept films indiens,
à la fois dans la thématique de certaines œuvres, leur langage cinématographique, et leur lien avec les poètes indiens invités au 26e Marché de la Poésie.
Ces films en hindi, ourdou, bengali et anglais, nous transporteront du Punjab à Delhi, des régions reculées du Bihar à Calcutta et jusqu’à Bhopal dans le Madhya Pradesh, des années 50 à nos jours.

Entrée : 6 €

Programmation :

Jeudi 19, 11h00 : Maya (Maya Memsaab), fiction de Ketan Mehta, 1992, 95 minutes, couleur, d’après Madame Bovary de Gustave Flaubert, VO hindi et anglais, sous-titrage français en présence de Sitanshu Yashaschandra (scénariste du film).

Vendredi 20, 11h00 : La Danse du vent (The Dance of the Wind), fiction de Rajan Khosa, 1998, 87 minutes, couleur, VO hindi sous-titrage français.

Nuit indienne : Cœur pur (Pakeezah), fiction de Kamal Amrohi, 1972, 125 minutes, couleur, VO hindi – ourdou, sous-titrage français.

Samedi 21, 11h00 : Des jours et des nuits dans la forêt (Aranyer Din Ratri), fiction de Satyajit Ray, 1969, 115 minutes, noir et blanc, d’après le roman de Sunil Gangopadhyay (Sunil Ganguli), VO bengali, sous-titrage français, en présence de l’auteur.

Dimanche 22, 11h00 : (dans le cadre du Ciné-Club de Claude-Jean Philippe) L’Adversaire (Pratidwandi), fiction de Satyajit Ray, 1970, 110 minutes, noir et blanc, d’après le roman de Sunil Gangopadhyay (Sunil Ganguli), VO bengali, sous-titrage français, en présence de l’auteur.

Lundi 23, 11h00 : L’Héritage (In Custody- Ifsazat), fiction de Ismail Merchant, 1993, 125 minutes, couleur, VO ourdou - hindi, sous-titrage français.

Mardi 24, 11h00 : L’Assoiffé (Pyassa) , fiction de Guru Dutt, 1957, 146 minutes, noir et blanc, VO hindi, sous-titrage français.

Maya

Maya, une jeune femme au quotidien apparemment banal, entre dans un voyage intérieur énigmatique où elle explore sa relation aux hommes qu’elle a aimés. Cette introspection qui la conduit avec grâce et gravité vers son destin serait-elle une illusion enchanteresse ?

Le film est une originale adaptation de Madame Bovary signée par l’écrivain et poète Sitanshu Yashaschandra et Ketan Mehta, l’un des principaux réalisateurs de la « nouvelle vague indienne ».

Avec Deepa Sahi dans le rôle de Maya, Raj Babaar, Shah Rukh Khan, Farooq Shaikh, musique Hridaynath Mangeshkar, paroles et poésies de Gulzar, chansons interprétées par Lata Mangeshkar.

Projection en présence de Sitanshu Yashaschandra (scénariste du film)

La Danse du vent

De nos jours à Delhi, Pallavi, un jeune femme, étudie le chant classique auprès de sa mère, une artiste reconnue. A la mort de celle-ci, Pallavi perd sa voix. Commence alors pour elle une quête qui l’amène jusqu’au gourou de sa mère.

Evoquant la problématique de la tradition et de la modernité, le film rend hommage à la transmission sacrée de la musique de maître à disciple, de parent à enfant, une tradition qui tente de survivre aux tentations de l’industrie musicale.

Avec Kitu Gidwani dans le rôle principal. Prix de la meilleure actrice au Festival des 3 Continents en 1997 et du British Cinema Guardian de Londres en 1997.

Cœur pur

A la fin du 19e siècle dans un état princier du Punjab, Nargis, une danseuse « tawaef », courtisane de haut rang, espère échapper à sa condition en épousant son amant, un aristocrate. Mais la famille traditionnelle de celui-ci la rejette et elle meurt en mettant au monde leur fille, Sahibjaan. Elevée par sa tante, Sahibjaan apprend l’art du chant et de la danse. A son tour, elle tombe amoureuse d’un jeune homme de bonne famille. Ses origines d’ascendance noble par son père la sauveront-elle de sa condition ?

Dans ce film phare du cinéma populaire indien, les couleurs et décors évoquent les miniatures indiennes et Meena Kumari, grande star des années 50 et 60, y incarne son dernier rôle à l’écran.

Les paroles et poèmes sont signés de grands noms comme Kaifi Azmi. La musique de Naushad fait partie du répertoire indien.

Des Jours et des nuits dans la forêt

Quatre amis de Calcutta partent quelques jours dans un minuscule village du Bihar. Ils s’installent dans un bungalow où ils décident de s’amuser sans se soucier des conséquences de leurs actes. Rencontres inattendues, jeux de société et de séduction, mais avant tout rencontre avec soi-même.

Avec humour et gravité, Satyajit Ray enregistre les réactions de ces quatre amis de la bourgeoisie de Calcutta au contact de la nature.

Projection en présence de Sunil Gangopadhyay dont Satyajit Ray a adapté le roman.

L’Adversaire

Siddharta est étudiant en médecine à Calcutta. A la mort de son père, il se voit contraint d’interrompre ses études pour travailler. C’est le début d’une série de déboires dans la recherche d’un emploi et de désillusions.
Ce film, l’un des plus sombres de Satyajit Ray, dévoile d’autres visages d’une Inde urbaine contemporaine, et dénonce la frustration et le désespoir d’une jeunesse au chômage, l’immoralité des riches et leur quête de tous les plaisirs, l’érosion et la chute des valeurs dans un monde de plus en plus compétitif.

Projection en présence de Sunil Gangopadhyay dont Satyajit Ray a adapté le roman.

L’Héritage

Dans une petite ville indienne contemporaine (Madhya Pradesh), Deven, professeur de hindi, est passionné de poésie ourdou et rêve de publier Nur, un fameux poète ourdou de Bhopal. Non sans mal, il parvient à se procurer un magnétophone. Nur passe son temps à boire, entouré de jeunes gens qui se moquent de Deven et de ses deux épouses dont la plus jeune se targue d’écrire aussi de la poésie. Il mène la vie dure à Deven avant de reconnaître en lui celui à qui il va confier ses écrits, son legs à préserver.
Cette fiction inspirée par la vie et l’œuvre du poète indien Faiz Ahmed Faiz, est l’un des rares films réalisés par Ismail Merchant qui rend un émouvant hommage à la culture ourdou en Inde.

D’après une nouvelle de Anita Desai, poèmes authentiques de Faiz Ahmed Faiz, avec Shashi Kapoor, dans le rôle du poète, Shabana Azmi dans le rôle de sa deuxième épouse, et Om Puri dans celui du professeur.

L’Assoiffé

Vijay est un pauvre poète rejeté par sa famille. Il retrouve Meena son amour de jeunesse, mariée a un célèbre éditeur. Ce dernier l’engage, puis le renvoie en apprenant leur ancienne liaison. Vijay sombre dans l’alcoolisme. Témoin meurtri du malheur des autres, le poète exprime avec douleur le désenchantement d’une société indienne en pleine construction de son identité, juste après l’indépendance. Il rencontre une âme sœur en Gulabi, une prostituée qui admire sa poésie.

Conscience sociale et romantisme sont exprimés par des images lyriques et poétiques, soutenues par des musiques inoubliables, faisant de Pyassa l’un des fleurons de cet « âge d’or du cinéma indien ».

Avec Guru Dutt et Waheeda Rehman dans les rôles principaux.

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Dernière modification : dimanche 11 mai 2008, par Vincent Gimeno-Pons
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