Passage d’encres, Périphérie VII

par Vincent Gimeno-Pons, 14 mai 2009

dimanche 7 juin - la grange (Romainville) - 20h

Avec les oiseaux : Concert-lecture de Dominique Meens, Francis Gorgé et Jacques Demarcq

Lecture de Louis-Michel de Vaulchier : extraits de Matelamatique des genres

la grange
16, rue de Paris 93230 Romainville
Entrée libre dans la limite des places disponibles
M° Mairie-des-Lilas (11) et bus 129, arrêt Mairie-de-Romainville (7 min), 1re rue à droite, portail bleu

Avec les oiseaux
Jacques Demarcq (Les Zozios, Nous, 2008) et Dominique Meens (L’Aigle abolie, P.O.L., 2005) n’écrivent pas sur, mais bien avec les oiseaux. L’un mêle volontiers sa voix à leurs cris, leurs rythmes, leurs sonorités ; l’autre associe son regard à leur hauteur de vue. Une façon pour tous deux de prendre du chant vis-à-vis du monde tel qu’on veut nous le faire penser. Comme ils sont poètes au sens le plus classique (ils aiment les Anciens) et le plus moderne (ils inventent des formes), il était prévisible qu’un musicien, Francis Gorgé les rejoigne pour donner de l’espace à leur verbe. Gorgé avait fondé le trio « Un drame musical instantané » en 1975, puis la paire Gorgé-Meens en 1982. Cette fois, le trio aura deux voix, six cordes de guitare, et quelques puces d’ordinateur pour mieux gratter. Les oiseaux, on sait, sont mi-gratteurs, et (oui) mi-tâteurs. C’est à un voyage tactile, et non pas tacticien, que ces trois-là nous invitent.

Matelamatique des genres cherche par tout moyen, du presque lyrique au presque scientifique, à établir un contact avec cet étranger obscur qui en sait plus que soi ou du moins le sait d’une façon différente. Cet autre qu’il n’est possible de rencontrer qu’à force de patience et de stratagèmes.
Mais ici, plus encore qu’un étranger, une étrangère. On la reconnaît à sa langue, à la fois autre et révélatrice, dont les sonorités pourtant familières dérangent.
Quel est le nom de l’étrangère ? À quoi ressemble-t-elle ?
On est allongé d’un côté, elle de l’autre, d’une épaisseur « matelamatique » irrégulièrement capitonnée, discontinue, constituée de nœuds singuliers à partir desquels se déploie un espace commun – deux d’abord puis une foule.
« Inquiétude, écoute défectueuse, sentiment d’une séparation, mais bonheur parfois de bien entendre et bonheur égal de comprendre mal. Car l’étrangère n’est pas une ennemie. C’est pourquoi on s’obstine à la supposer symétrique, pied contre pied, chantant et dansant de l’autre côté de la page. » (L.-M. de Vaulchier)

Matelamatique des genres, de Louis-Michel de Vaulchier, Passage d’encres, coll. Trace(s), à paraître en juin 2009

organisée avec Passage d’encres

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Dernière modification : lundi 14 mai 2009, par Vincent Gimeno-Pons
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