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Regio et Autres Poèmes

Livre - Nouveauté 2008

vendredi 9 mai 2008

Titre : Regio et Autres Poèmes
Auteur : TADEUSZ ROZEWICZ
Traduction : Christophe JEZEWSKI et Claude-Henry DU BORD
Langue d’origine : polonais
Format (en cm) : 16 x 22,5
Pagination : 214
Prix : 18,5 €
Argumentaire : Après l’Espagnol Antonio Gamoneda en 2006 et le Finlandais Bo Carpelan en 2007, c’est l’œuvre du Polonais TADEUSZ ROZEWICZ qui reçoit le PRIX EUROPÉEN DE LITTÉRATURE 2008. Le Jury du PRIX avait fait preuve en 2006 d’un particulier discernement, Antonio Gamoneda ayant reçu quelques mois plus tard les plus hautes distinctions littéraires espagnoles. De même pour Carpelan, dont l’intégrale de son œuvre poétique va être publiée en France.Plusieurs fois mentionné pour le Prix Nobel de Littérature (attribué pour finir en 1996 à Wislawa Szymborska), Rozewicz est l’un des plus grands écrivains polonais vivants : son œuvre théâtrale a été largement traduite en anglais et en allemand, de même que son œuvre poétique. Mais la France reste à cet égard très en retard avec seulement deux traductions de son théâtre – Le Piège (Éd. Théâtrales, 1993) et Théâtre (L’Âge d’Homme, 2005) – et deux traductions de poèmes : Anthologie personnelle (Actes Sud, 1990) et Inquiétude (Buchet Chastel, 2005). Dramaturge, nouvelliste, poète, Rozewicz appartient à une génération qui a eu 20 ans dans un pays martyrisé par les nazis et vécu sa maturité sous la dictature communiste. En rupture d’études, ouvrier, il combat dans les rangs de l’armée clandestine, avec son frère Janusz – qui sera exécuté par la Gestapo en 1944. Au lendemain de le guerre, sa conscience de poète est littéralement foudroyée par le poids de l’Histoire : « Comment écrire de la poésie après Auschwitz ? » C’est un homme presque sans voix qui parle, tout au bord de ce silence qui étouffe beaucoup de survivants. Pour ces temps d’apocalypse, Rozewicz invente une poétique nouvelle : rupture avec le vers classique, abandon de toute métaphore, crudité et rugosité de la langue. Proches de la démarche d’un Paul Celan, ses poèmes sont comme les squelettes de cathédrales calcinées. Véritable révolution dans la poésie polonaise, son œuvre constitue « la négation d’une littérature » qui, souligne Milosz, « semblait n’être rien d’autre qu’un mensonge recouvrant l’horreur de la brutalité de l’homme envers son prochain. » À partir des années 60, sa poésie s’approfondit encore pour dénoncer la désintégration des liens sociaux dans les sociétés occidentales. Sa sensation aiguë du néant trouve dans le théâtre un puissant moyen d’expression. Saluées par Grotowski et Kantor, des pièces comme Le Fichier influencent profondément leur esthétique.
Editeur : ARFUYEN
ISBN : 978-2-845-90124-7