Marché Poésie 2017, États généraux#01

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Ritman, Serge

mercredi 22 avril 2009, par Vincent Gimeno-Pons

est né Martin en 1954 à Cholet (49). Après avoir été longtemps enseignant puis formateur d’enseignants à Cergy-Pontoise (Val d’Oise), il s’installe à Caen. Il est maître de conférences en langue et littérature françaises à l’Université de Caen.
Il a publié récemment, entre autres, :
°Ta Résonance avec des lavis de Colette Deblé (éd. Océanes, 2003)
°Ma Retenue, petits contes en rêve avec des peintures de Ben-Ami Koller (éd. Comp’Act, 2005)
°Éclairs d’œil, avec des lavis de Laurence Maurel (éd. Tarabuste, 2007)
° À l’heure de tes naissances (éd. L’Atelier du grand tétras, 2007)

Il anime avec Laurent Mourey et Philippe Païni la revue Résonance générale.
Il a dirigé des ouvrages collectifs sur Bernard Noël (éd. Rumeur des âges à La Rochelle), Ghérasim Luca (éd. Tarabuste à Saint-Benoît-du-Sault) et Henri Meschonnic (éd. In’Press, Paris).
Son blog : http://martinritman.blogspot.com/

Le poème du vertige
(inédit)

Il y a dans la nuit ton cri. Oui ! tu le répètes au moins trois fois. Je ne l’entends qu’en m’affolant. Tu cries avec les étoiles. Tu cries avec ton ventre qui déchire. Je dors dans la surdité de l’écrasement. Non ! je ne t’entends pas. Mais les étoiles traversent mon rêve. Les déchirements de ton ventre m’ouvrent les yeux. Oui ! je t’entends tomber. J’entends ton cri descendre me prendre. Dans la nuit éblouissante. Oui ! je m’accroche à ta chute. Non ! tu tombes à la vitesse de mon réveil. Et tu m’emportes dans l’oubli de ton corps. Tu m’élèves dans tes jambes qui ne tiennent plus. Non ! tes yeux ne peuvent voir derrière. Ils me renversent dans ton ciel très bas. Ils me voient au fond de tes étoiles. Je te crie que je viens. Tu ne réponds plus à mon vertige. Oui ! ton cri résonne longtemps. Et ton corps se réchauffe au mien. C’est le dos. Non ! c’est le ventre ! Je ne sais plus tellement je te tourne. Non ! tu me tournes. Oui ! tu me retournes dans tes rêves et c’est mon corps qui n’arrête pas de faire le tour de ta chaleur. Voilà que mon corps s’engourdit quand tes yeux blancs m’éclairent. C’est que nous avons étreint notre mort. Non ! ta vie tient à mon vertige que tu fais vivre. Tu vis dans cette nuit. Ta douleur crie à la mort. Ton cri ouvre au silence d’un sommeil. Oui ! d’un sommeil plein d’étoiles. Elles filent jusqu’à notre lit.

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