Marché Poésie 2017, États généraux#01

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Sapho

jeudi 8 juillet 2010, par Vincent Gimeno-Pons

Arlette
De sobre et vive allure, de cet air puritain retenu et plein de malice de
finesse, d’acuité, de cet air là de ne pas y toucher - mais tu
touchais ta bille -, tu nous as tous aimés avec tant d’ intelligence malgré la distance...
Toi aussi, après Laurent Terzieff, il nous vient que tu l’agissais cette
parole, "la poésie n’est pas que ceci ou que cela ", la poésie pouvait
être ceci - et cela.. Tu m’as fait ce si joli signe, l’honneur de me
demander- espiègle et tendre , je te cite : de nous faire
l’honneur d’être présidente d’honneur du Marché de la poésie à
Saint-Sulpice, ajoutant que « cette présidence était légitime n’est-ce
pas ? » C’était plus audacieux qu’il n’y paraissait ...
Tu m’écrivis en Décembre, et nous sommes endeuillés en Juillet ; tu as
fait ce geste, un courriel et plusieurs autres comme pour dire au
revoir et jusqu’au dernier jour transmettre et semer la passion poésie
... Et puis tu es entrée confiante dans cet hôpital et il y a eu des
complications ; normal pour une femme si complexe ; tu respirais la
santé, la liberté la nonchalance et cette vraie élégance qui fait mine
d’avoir pris les vêtements appropriés mais pas plus... Une déclaration
que tu n’était plus là pour ça mais pour d’autres charmes ; tu es partie
vite, dignement, peut-être fallait-il que tu t’évanouisses comme font
ceux précipitent les adieux pour ne pas céder à la sensiblerie tu vas
nous manquer ma chère...
Toujours je me souviendrai que tu fus ma présidente au CNL et que nous
étions aussi différentes que l’on pouvait l’être apparemment et que
nous nous entendions à merveille ce qui montre ta grandeur ta généreuse
intelligence...
Avec ton air de Lady sortant d’un cottage, tu avais gardé les mots
comme miel d’enfance , goûter de paradis.
Adieu mais pas au revoir ; nous sommes pleins de souvenirs...
« Un panuelo de silencio a la hora de partir » dit cette belle sévillane :
Un mouchoir de silence à l’heure partir...

Sapho