Tombeau pour les rares, présentation par Nicolas Rozier

par Vincent Gimeno-Pons, 6 avril 2010

Tombeau pour les rares

exposition d’œuvres de Nicolas Rozier à partir du 3 juin, soirée de vernissage.
Trois lectures accompagneront l’exposition : le jeudi 3 juin, le samedi 5 juin, et le dimanche 13 juin (voir détail dans les événements de la Périphérie)

De septembre 2008 à novembre 2009, Nicolas Rozier a dessiné sur toile le portrait « intérieur » des écrivains qui lui sont chers : vingt-sept auteurs défunts réunis dans une galerie intitulée Tombeau pour les rares où Villon, Baudelaire et Artaud côtoient Ilarie Voronca, Gérald Neveu et Francis Giauque.
Les écrivains du Tombeau, des poètes essentiellement, excepté Léon Bloy et Van Gogh, sont ici réunis sous l’égide d’une « fragilité surpuissante », d’une faculté d’attaque dans le langage qui les distingue radicalement jusqu’au franchissement du mur des paroxysmes où la littérature devient une écriture de cœur.
En vis-à-vis des portraits, Nicolas Rozier a invité 27 auteurs (dont Zéno Bianu, Pierre Dhainaut, Marie-Claire Bancquart, Jacques Ancet…) à écrire sur leurs grands ainés, le portrait écrit répondant au portrait dessiné.
La manifestation, exposition et rencontres/lectures, a débuté au Musée Rimbaud en mars 2010, avec l’édition d’un catalogue préfacé par Marcel Moreau. Le Tombeau pour les rares fait ensuite l’objet d’une Périphérie du 28e Marché de la Poésie à la galerie de la Halle Saint-Pierre au mois de juin, (exposition et rencontres/lectures).


« L’heure de dessiner le Tombeau pour les rares fut l’éclatement d’une passion tournante et le sommet d’une panique. Les lectures s’étaient enchaînées, aggravées, jusqu’à former un encerclement composé de béances valeureuses nommées Baudelaire, Artaud, Lecomte, Colette Thomas, Gérald Neveu, Jacques Prevel, Francis Giauque…

Cette suite de visages me semblait depuis toujours « mise en batterie » dans un phénomène élyséen où les auteurs débordent les uns sur les autres non par liquéfaction mais par une morsure d’importance aveuglante sur la vie du lecteur fraternel…/…
Une hantise majeure a guidé mes dessins sur toiles : celle d’approcher au mieux ce qui reste de visage dans le sillage des textes. Tel est le modèle, le seul modèle fuyant au départ de la série. Bien que défigurés d’une attaque aimable hors de portée, j’ai voulu rendre cet anneau de bons visages, ces délabrements somptueux de victoire dure et d’éboulis à la gloire des décombres lus. En même temps qu’accompagner cette débandade térébrante des auteurs pulvérisés au souffle de leur propre puissance, n’en finissant plus de tirer leur bouquet final de destins superbes, arrachant de leurs fonds mutilés des ressauts ardents, des giclées de fierté millésime éblouissant tout le dôme du vivant. »

(Extrait du catalogue Tombeau pour les rares)

En images

  • Fondane
  • Derichaud
  • Nicolas Rozier
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Dernière modification : jeudi 6 avril 2010, par Vincent Gimeno-Pons
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