Marché Poésie 2017, États généraux#01

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Trocmé, Florence / Poezibao

mercredi 7 juillet 2010, par Vincent Gimeno-Pons

Arlette Albert-Birot, l’art du lien

Puisqu’une fois de plus les grands médias sont tristement (et honteusement) absents*, déficients quant au relais de ce qui n’est pas paillettes et air du temps, Poezibao prend la plume pour rappeler l’œuvre (on peut employer le mot) essentielle d’Arlette Albert-Birot.
Œuvre multiple en fait.
Je retiendrai d’abord la façon exemplaire dont elle a porté la mémoire de Pierre Albert-Birot et dont elle a fait vivre son œuvre. J’ai encore en mémoire ces mails, toujours toniques et joyeux, arrivant régulièrement dans la boîte aux lettres, pour signaler les étapes des lectures en continu de Grabinoulor.

Et comme si ce soin sans failles porté à l’œuvre du magnifique Pierre Albert Birot avait servi de matrice à sa pensée, Arlette Albert-Birot a aussi inlassablement soutenu un nombre important de poètes. Jusqu’aux plus jeunes. Je me souviens comment il y a cinq ans, au Marché de la Poésie, elle m’a, à sa manière pressante et qui ne souffrait pas la dérobade (!), demandé de rencontrer Valérie Schlée et Edith Azam, pour les interviewer à l’occasion d’un livre en duo qu’elles venaient de faire paraître. J’entends encore sa jubilation quand elle confiait « nous allons avoir x ou y » à telle occasion (le Marché, un festival, une revue).... on sentait qu’elle était totalement impliquée, intellectuellement mais aussi affectivement et humainement dans ce « soin » aux poètes.

Pas à tous certes, car il ne faut pas oublier que c’était aussi un bel esprit critique, nourrie d’œuvres substantielles et qui savait parfaitement faire la différence entre le bon, le moins bon et le pas bon du tout !
Je le sais pour l’avoir côtoyée au sein de la commission poésie du CNL. Elle en était la présidente, pendant toute la durée de mon mandat (2007-2009) et c’est elle qui m’y avait fait venir, alors que je débutais l’entreprise de Poezibao et que quasiment personne ne me connaissait. On reconnaît là aussi son don de faire confiance. Je l’ai vu écouter, discuter, argumenter, accueillant tous les points de vue avec tolérance, mais capable de trancher aussi.
Car je pense qu’Arlette était aussi une femme d’influence, une femme politique aurait-on envie de dire à condition de l’entendre au bon sens du mot. Sachant trouver les voies et les recours pour faire progresser ses projets. On l’aura vue à l’œuvre, inlassablement, pour la pérennisation puis la survie du Marché de la Poésie. Qui aurait sombré corps et biens, je crois qu’on peut le dire sans hésiter, il y a des années, sans sa ténacité et son art de la relation.
C’est là-dessus que j’aimerais terminer cet hommage. En redisant qu’Arlette était une femme du lien, qui savait les créer, qui savait mettre en présence et en contact, les œuvres et les êtres.

Florence Trocmé